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TéléSavoirs : la connaissance à portée de personne

Bonjour,
Le bureau des ressources pédagogiques (Sous-direction des programmes d’enseignement, de la formation des enseignants et du développement numérique) au Ministère de l’Éducation nationale vient de refuser d’inscrire TéléSavoirs , la WebTV du débat scientifique citoyen, au Catalogue chèque ressources du plan numérique.

S’abritant sous de spécieux prétextes, nourrie de nombreux courriels contradictoires, cette décision arbitraire, discriminatoire, est gravement préjudiciable au développement de notre WebTV, pionnière depuis 1999 de la diffusion de la culture scientifique, et offre de facto un avantage concurrentiel à des ressources numériques publiques, produites par des éditeurs publics (CNDP, Ina, IGN, lesite.tv, France5,…) déjà financés et refinancés dans le passé sur fonds publics.

Cette décision, interdisant à TéléSavoirs d’accéder au marché des ressources numériques auprès des établissements scolaires  – marché solvabilisé par le Ministère dans le cadre du plan numérique pour l’école –, ne peut qu’être regardée comme un abus de pouvoir, source d’une incontestable distorsion de concurrence, et donne jusqu’à la caricature raison à Tocqueville:

(…) tout semble concourir à accroître indéfiniment les prérogatives du pouvoir central.

« L’éducation, aussi bien que la charité, est devenue, chez la plupart des peuples de nos jours, une affaire nationale. (…)  L’uniformité règne dans les études comme dans tout le reste ; la diversité, comme la liberté en disparaissent chaque jour. »

TéléSavoirs, partenaire de nombreux instituts de recherche publics qui lui accordent le droit de diffuser les propos de chercheurs (environ 300 d’entre eux à ce jour se sont déjà exprimés sur notre WebTV), médiateur entre les milieux de la recherche et de l’éducation, contribuant à enrichir la transmission académique des connaissances, offre :

–      aux élèves l’opportunité de s’imprégner des débats citoyens interrogeant la science, de découvrir les problématiques et les métiers de la recherche ou encore de dialoguer en direct avec des chercheurs lors de « chats » vidéo, contribuant à faire naître l’appétence pour les carrières scientifiques,
 
–     aux enseignants de nourrir leurs cours d’éclairages, controverses, innovations en provenance directe des laboratoires ou centres de recherche.
L’une des raisons invoquée – soulignée… –  par la rue de Grenelle pour justifier l’inéligibilité de notre ressource serait que TéléSavoirs privilégie « les échanges non académiques entre les « savants » et la société civile, les étudiants ou les lycéens. »
La transmission académique des connaissances exclurait l’utilisation de médias à l’école, de la presse, de la télévision, du Web…?
 
Entre autres aberrations, la décision du bureau des ressources pédagogiques interdit par exemple aux élèves d’avoir accès à l’une de nos récentes émissions – soutenue par le CNRS –  exposant l’état des recherches contemporaines sur la supraconductivitéet leurs perspectives d’application dans un futur raisonnable, alors même que ces applications concerneront les générations scolarisées aujourd’hui !

Mieux  :  « Mes collaborateurs n’auraient donc pas eu à recevoir l’envoi de votre publicité « supraconductivité » via votre liste de diffusion »   (sic, Bureau des ressources pédagogiques, 8 février 2012)

N’en doutons pas, les instituts de recherche publics, muséums, chercheurs qui depuis plus de 10 ans, soucieux de promouvoir leurs travaux auprès de la communauté éducative, font confiance à TéléSavoirs pour assurer la médiation entre chercheurs, scolaires et citoyens, prendront …avec joie connaissance de la décision de la rue de Grenelle.
Pour mémoire, TéléSavoirs est explicitement référencé sur Eduscolhttp://eduscol.education.fr/cdi/res/audiovisuel/musees  comme ….ressource numérique audiovisuelle.
Référencé…mais interdit d’accès aux budgets du Plan de développement des usages du numérique à l’école annoncé sur …le même Eduscol  http://eduscol.education.fr/pid25941-cid57906/le-catalogue-cheque-ressources.html
Concrètement, cette décision nous interdit de participer aux journées de présentation du Catalogue chèque ressources du plan numérique qu’organisent actuellement les CRDP et CDDP dans leurs académies respectives, nous privant ainsi de rencontrer nombre d’enseignants, documentalistes ou chefs d’établissement susceptibles de s’abonner à TéléSavoirs et donc d’utiliser nos ressources pour illustrer et approfondir les contenus de leurs cours.

En résumé, la décision arbitraire du ministère :

–  exclut TéléSavoirs du « label » et des budgets ministériels,
– contraint les enseignants qui souhaiteraient pourtant utiliser nos ressources à solliciter des moyens budgétaires alternatifs (collectivités territoriales), rendant d’autant plus improbable l’accès à nos programmes,
– nous contraint à un effort commercial accru en direction des établissements scolaires, que la modestie de nos moyens ne nous permet pas d’envisager,
–  exclut de facto TéléSavoirs du paysage des ressources numériques pour l’école.
Précurseur depuis deux décennies sur les thématiques d’usage des TIC dans la sphère éducative (TéléMuséum en 1991, TéléSavoirs depuis 1999), il nous est particulièrement pénible  – au moment où la puissance publique met en place un plan numérique pour l’école  –  qu’on nous interdise de recueillir les fruits d’efforts incessants qui, aux côtés de plusieurs de nos confrères, ont contribué à forger et faire émerger les concepts de « ressources numériques » pour l’école.

Nous formons donc appel de cette décision.

Si vous le jugez utile, n’hésitez pas à nous faire part de votre soutien par tout moyen à votre convenance.

Bien cordialement,

Gaétan Cambra
+ 33 (0)6 29 60 58 59
telesavoirs@yahoo.fr

TéléSavoirs®
www.telesavoirs.eu   La WebTV du débat scientifique citoyen
Entretiens / Débats / Chats vidéo / Vidéoconférences / Vidéo à la demande / Webcast
www.gaetan-cambra.com 
Conception & ingénierie de projets TIC / Études / Conseil / Formation

« SWOT »

Réunions nationales des Doyens, pour qui nous prend-on ?

Le Syndicat des Inspecteurs d’Académie (SIA) avait déjà dénoncé la mascarade de dialogue social orchestrée par
Monsieur le Ministre de l’éducation national (MEN) et son premier violon Mme la Directrice générale des
ressources humaines ainsi que le mode de management entrepreneurial mis en œuvre.
C’est maintenant nos collègues doyens des corps des IEN et des IA-IPR qui viennent de vivre la réalité de la
nouvelle gouvernance actée dans le décret du 10 janvier 2012. Une partie d’entre eux a été invitée à participer à
une action proposée par l’École supérieure de l’Éducation nationale (ESEN) et intitulée : « Mise en place de
l’accompagnement de la réforme nouvelle gouvernance ; appréciation de la valeur professionnelle des
enseignants ». Les doyens restants seront réunis lundi 30 janvier.

Non il ne s’agit pas d’une consultation (1), cette étape est dépassée ! Il s’agit de « déterminer les conditions
d’efficacité de présentation de la réforme »…. Réforme rejetée par l’immense majorité des enseignants, et qui a
conduit – fait historique – des inspecteurs d’académie à se mettre en grève !

Pour cela le MEN a sollicité un consultant pour diriger les travaux. A l’heure où les moyens en formation pour les
enseignants fondent à vu d’œil, on peut se demander si les deniers de l’état servent ici les priorités du système
éducatif !

Et voilà comment cela se passe dans une réunion destinée à permettre la réflexion de cadres supérieurs de
l’Éducation Nationale transformés en VRP de la pensée ministérielle : après que soit précisé le caractère
indiscutable de la méthode de travail, le consultant présente dans un diaporama son organisation : il s’agit de
s’appuyer sur SWOT qui désigne 4 mots anglais « Strength, Weakness, Opportunities et Threats » traduits par
forces, faiblesses, opportunités et menaces du dispositif de la nouvelle évaluation des enseignants. Une
diapositive annonce que « la parole est libre » mais qu’il ne faut « pas de débat », « pas de polémique », qu’on
n’est pas là « pour discuter des contenus [du projet] mais pour réfléchir comment le présenter de la façon la
plus acceptable possible ». Il s’agit donc bien de trouver les arguments publicitaires d’un projet que personne
n’accepte, pas même les inspecteurs mais qu’ils devront porter en bons petits soldats.
Les doyens sont invités par petits groupes à circuler de table en table pour lister en 4 minutes chronomètre en
mains (dans celles du consultant) les avantages (Strength), les opportunités (Opportunities), les faiblesses
(Weakness), les risques et les inconvénients (Threats) du projet d’évaluation des enseignants. Ils ont interdiction
fermement rappelée de s’extraire des groupes. Dans un deuxième temps par atelier, nos doyens doivent faire des
propositions sur : les conditions d’efficacité de mise en place de la réforme, les points vigilances, les palliatifs (on
appréciera le terme). Les doyens sont formés à la technique de bateleur de foire !

Nos collègues sont nombreux à nous faire part de ce qu’ils caractérisent être une manipulation psychologique, une
instrumentalisation. Ils viennent simplement de vivre la nouvelle gouvernance déjà expérimentée dans quelques
académies qui institue une « ligne hiérarchique directe » afin que la décision prise en haut soit appliquée en bas.
C’est aussi ce qui attend les DASEN, les chefs d’établissement et les enseignants si nous n’y prenons garde.

La question de l’efficacité du système éducatif et de la réalité des acquis des élèves, celle de l’évaluation formative
des enseignants passe à la trappe de l’idéologie et d’une hiérarchie caporalisée dans les actes. Cette action n’est
pas une caricature, mais bien la pose d’une première pierre.

Ce mode de management qui va à l’encontre de toutes prises d’initiative, d’innovation n’engendrera qu’un
nivellement par le bas des pratiques professionnelles.

Qui en seront les premières victimes ? Les élèves et plus particulièrement les plus fragiles qui auront des
professeurs obéissants, sans initiative, sans relief…

Mais qui s’en soucie aujourd’hui parmi les responsables de notre ministère ?

Le secrétariat du SIA

(1) Rappelons que qu’aucune consultation ou négociation sur la réforme de l’évaluation des enseignants n’a été
entreprise avec les syndicats des IA IPR qui ont découvert les projets de texte sur le site du café pédagogique,
Notons par ailleurs que, depuis 2010, sont mis à contribution sur son élaboration nos collègues inspecteurs
stagiaires qui ont de fait très peu d’expérience en la matière mais dont l’enjeu de leur titularisation les rend
certainement plus « manipulables ».

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